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LA GRANDE FORCE DES OISEAUX...
La grande force des oiseaux est de passer inaperçus, de se tenir au lieu même de l’inaperçu. C’est à cet endroit qu’ils travaillent, qu’ils ravaudent incessamment le monde, le cousent à sa suture insue, à l’espèce de cicatrice ouverte dont ils sont le...
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PRIÈRE POUR LES SOURDS
Des jours Plus souvent des nuits Mes plumes sont bien plus lourdes Que ma tête Des jours Plus souvent des nuits Je reste repliée Dans l’encoignure du temps D’où s’élève la supplique Pour les heures défuntes Vous les oiseaux de l’aurore Sortez-moi de ce...
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EN MOUCHOIRS
La neige qui tombe Blanche en silence Ne sait rien De nos terres brûlées Par le froid De nos lèvres soudées Par le gel De nos miroirs Volés en éclats de givre La neige qui tombe Blanche en mouchoirs Ne peut pas nous consoler Des pires naufrages Encore...
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L'AVALANCHE
Tout semble en partance L’amour aussi serait de l’ombre De la neige fondante Dans l’éclair du printemps De la ouate du coton des nuages Épongeant ces yeux bleuis Engloutis par l’avalanche D’une saison d’absence Peut-être que j’invente Parce que je porte...
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MARS À L'ÉTABLE
Assez du sombre et du triste, de la litière qui pue le rance et de l'oubli, assez du vent qui siffle par-desssous la porte comme un serpent : nous voulons vivre dans le vert et mettre le ciel à nos cornes comme un ruban de fêtes. Le lait du cachot est...
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À JAMAIS PLUS
Je me réveille avec un cri Ce n’est pas un rêve Je suis où tu n’es plus Une détonation en mer Non – un bruit comme le tonnerre Lorsqu’il tombe en pierre Tu ne désirais pas l’été Tu n’aimais que la nuit Les fleurs d’orage Les cordes de pluie Ta nuit aimée...
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UN COUP DE DÉS C'EST L'ÉTÉ
Un coup de dés c'est l'été haut sur les plaies de la terre Vivre s'écrit d'un seul geai rémiges dans les ramures Le poème prisonnier s'est libéré sur parole Et le verre de l'amitié pétille d'un sang d'étoiles D'hier de brume et de pluie s'en est allée...
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UN CIEL SANS ADRESSE
Partir pour l’envol Je ne suis plus ici C’est pour les autres Le chiendent Le vent cru Les maisons froides Les meubles qui ne meublent rien Les adresses sans soleil J’ai quitté mes fleurs J’ai quitté le fleuve Je ne suis pas dehors J’ai fait ma géographie...
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CANTIQUE DE LA PETITE
Dans le pré Petite fille inachevée Jouant au bord du temps A vec les levants - les couchants Avec la rosée amie Des bleus d’enfants Femme des heures claires Cueillant lucioles Et lumières secrètes Ne voulant pas croire aux oiseaux Qui mangent le pain...
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PASSE L'OISEAU
Pois en fleurs au jardin Il fait les cent pas Sur la galerie étroite Elle est morte ce matin Pourtant sa pioche est là Encore avec les roses Immobiles pas plus qu’elle Mes yeux las de soleil S’en vont dormir Dans leurs nids d’ombre Ma main fatiguée de...
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L'EN-ALLÉE
Flots de rubans Pour la mariée de dentelle Mousseline et percale Pour hanches amoureuses De belles coutures au soleil Mercerie du commencement Ni chevelure Ni corsage Ne souffriront un ciel Piqué d’éphémère Dans la penderie aux vanités Le voile ajouré...
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FOLLE AVOINE
L’histoire est un pré On a bien tout fauché On a bien tout tassé Au grenier de la mémoire Les granges se noient dans les blés Je ne veux rien oublier Les bras des ouvreurs de chemin La vaillance des chevaux Les maisons blanchies à la chaux La rivière...
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L'AUTOMNE NÉBULEUX, TOUS LES ANS, POUR GÉMIR...
Triste journée d'automne, façon « tisane froide » à la Ponge. Ce matin, visite rituelle au petit cimetière de Sologne bourbonnaise. Retour par les campagnes mélancoliques, « paix des pâtis » sous le ciel gris. Déjeuner frugal, sieste et lecture. Au-dehors,...
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POUR L'AURORE...
Pour l'aurore, la disgrâce c'est le jour qui va venir; pour le crépuscule c'est la nuit qui engloutit. Il se trouva jadis des gens d'aurore. A cette heure de tombée, peut-être, nous voici. Mais pourquoi huppés comme des alouettes ? René Char La parole...
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CHAQUE FENÊTRE AVAIT LE CIEL...
IX Chaque fenêtre avait le ciel d'une prairie Dans cette maison oubliée Il y avait aussi les oiseaux qui apportaient les nouvelles Et dans les rêves un enfant qui racontait sa vie Amour Où sont les nuits de l'hiver La lampe douce dans sa robe de verre...
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LES LATTES DU PARQUET...
Les lattes du parquet si diverses courbes et veines : il y eut un temps pour la croissance pour l'arbre abattu, la découpe, l'assemblage, la cire. Désormais très peu songent à une forêt ou à l'odeur des menuiseries alentour quand ils marchent sur ces...
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CHAQUE SOIR, SOUS LA LAMPE ...
Chaque soir, sous la lampe, mon père transcrivait à l’encre sur un registre à la reliure de carton couvert de toile noire ce qu’il avait au cours de la journée inscrit au crayon dans son calepin. C’était tant de fagots ou tant de stères, ou bien le compte...
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MER JOURS
Mer jours et de harpes sans oiseaux pour de secrètes marées disparues dans l’anfractuosité des silences tu retisses à rebours les souffles à mon cœur capiteux pour un mystère qui t’ensemence dans le multiple dense des étreintes tu auscultes toujours d’une...
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LE PAYS DÉFENDU
Tu te souviens L’hiver entre ciel et terre Nos bouches ouvertes Buvaient la neige À même les nuages Tu te souviens Du beau temps Collé à la maison L’arbre dans le foin Répondait à toutes les espérances Et le champ Où nous aimions courir jusqu’à tomber...
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LA PARULINE FLAMBOYANTE
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III CÉRÉMONIE
Il était de ceux-là qui plantent des forêtsPour la splendeur de vivre,Et d’élever l’aride, et l’étale, et le muetÀ la hauteur où le vent les délivre !Ah ! l’honneur de dresserCe qui attaque et se défend et chante,Domine lentement la terre indifférente,Prend...
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JE SORS...
V Je sors. Je rêve que je sors dans la nuit de neige. Je rêve que j'emporte Avec moi, loin, dehors, c'est sans retour, Le miroir de la chambre d'en haut, celui des étés D'autrefois, la barque à la proue de laquelle, simples, Nous allions, nous interrogions,...
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DIRE BLEU
Il manquera toujours un mot pour dire bleu de ce bleu à l’instant près qui surgit du silence ni bleu ni bleu poussé par la profondeur ce soulèvement bleu-noir aux tuiles de clarté cette toiture éblouissante aux brusques failles nuit ces longs spasmes...
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FIESTA
A Tomás Luque Por la mañana suelta se desperezan miles de banderas La luz como una enredadera pende de las paredes El viento late Los edificios enhiestos son estandartes de piedra Una canción sin música ni versos de pie sobre mi pecho ha sacudido el corazón...
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L'AUTOMNE À LA FENÊTRE
Le cœur des mésanges Ne bat plus dans les feuilles Les fleurs ne sont plus fleurs Elles sont devenues graines Dans leurs capsules de solitude La nuit vient vite On ferme portes et fenêtres Bien avant la fin du jour Dans l’appentis Je me répare pour l’hiver...

