Top articles
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NOUVELLES DU LINGE
De soif j'ai rincé mon linge et je l'ai tordu après ça qu'est-ce-que j'ai fait je l'ai pendu grand ouvert sur le pré tout contre l'odeur du foin debout le blanc comme la couleur en rimes claires offertes aux rafales du vent fin comme cible et serré comme...
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YVES ROUQUETTE : LA POÉSIE ÉLÉMENTAIRE
La nuit du ventre Je suis de là : de la nuit où se forgent les pays et s’aiguisent les couteaux avant le spectaculaire règlement de tous les comptes Dans mes paroles grimaçantes je ne suis l’étranger que pour les hommes sans futur Noir je suis, de mère...
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SOIRS DU VAUCLUSE...
Soirs du Vaucluse, funèbre Provence. Les roseaux bordent des champs de cendres où errent nos propres ombres, privées du lait des jours. Une fois encore, la cigale chante. Une dernière brise murmure dans les herbes. La fierté rend ses armes et apprend...
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LES PIVOINES
Tout juste le temps d'être de petites balles, de petits globes lisses et denses, quelques jours; puis, cédant à une poussée intérieure, de s'ouvrir, de se déchiffonner, comme tant d'aubes autour d'un poudroiement doré de soleil. Comme autant de robes,...
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LEÇON DE TÉNÈBRES I
Dans l’oraison des matines Les cierges en colonnes S’éteignent un à un Rendant à la ténèbre Ses grandes heures nocturnes Poussière est ton songe Et prière est ta nuit Un chant de ténèbres Dans l’infini silence Tout ce qui vient de l’ombre Retourne au...
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LES ROIS MAGES
À Antoine Giacometti Avancerons-nous aussi vite que l’étoile ? La randonnée n’a-t-elle pas assez duré ? Réussirons-nous enfin à l’égarer, cette lueur au milieu de la lune et des bêtes qui ne s’impatiente pas ? La neige avait tissé les pays du retour avec...
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COMME DES FRAMBOISIERS...
Ses mains sèches Comme des framboisiers À cause de la vie Ses mains qu’elles gantent souvent Ne sont pas pour l’écriture au crayon noir Dehors il y a l’automne Ses rêves ne roulent pas Dans les rues encombrées Avec les personnes Dehors il y a le vent...
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DÉCLARATION DE GUERRE
Les grivolives ont tiré leur révérence oiseuse et les plectrophanes neigeux tiennent toute la place et plongent dans mes yeux jusqu’à la garde un pays sans arme à tirer de l’oubli j’observe bien sûr dans la mesure du possible et de la guerre les règles...
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LES ANÉMONES D'OCTOBRE
Fin de l’automne Dépouillement consenti De la vie devenue matière sombre Au fond du jour Les anémones e ffaçaient les ombres Lumière blanche ravie au silence Déchiré par le bruit de fuite Du grand cerf inquiet Ciel rouge dans l’œil D’une terre que l’on...
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UNE POULE SUR UN MUR...
Une poule sur un mur Qui picotait du pain dur, Picoti, picota, Lève la queue et saute en bas. Une poule sur un mur, comptine illustrée par Nicole Boyaval, 6 ans, à Méricourt, France Dessin de la quatrième de couverture. Les comptines de langue française,...
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CAFÉ RENARD
Le grand comptoir de marbre Des verres plein le dos Craque comme un vieil arbre Quand on s'y appuie trop Au plafond de vieux lustres Ont des lueurs fanées Lentement les minutes Passent dans la fumée Au bar-tabac De la rue Renard Tombe le soir Et tu n'est...
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JE VOUDRAIS ÊTRE UNE PIERRE
À Claude Rivière Je voudrais être une pierre D'un chemin abandonné, Une pierre bien usée Par d'anciens passages d'hommes, De chars alourdis de gerbes Et de troupeaux inclinés. Je voudrais être une pierre Au sommet d'une colline, Une pierre ronde et bleue...
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FABLE
Les mots sont des loups Disait ma grand-mère Qui avait peur de tout Les mots sur votre chemin Vous suivent – Vous séduisent Mots travestis pour s’éprendre Mots coulants pour se pendre Dans la forêt Bruissement de mots Envolés avec les louves Disparus...
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À MICHEL BRAULT...
à Michel Brault et à Marie-Marthe La nuit, le nymphéa est une lampe sur l'eau morte où la couleuvre verte est un éclair mouillé. Michel Brault à la caméra, coréalisateur avec Pierre Perrault du film Pour la suite du monde (1963). Ce documentaire sur la...
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CHEMIN DE VILLAGE
Les étourneaux clabaudent l'automne et parfois, j'entends claquer les portes à deux reprises dont une fois en rêve Qui nous a donné les images, les pommes rouges, au jardin du charbonnier sans rime ni raison, mais dans l'idée de partager notre défaite....
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QUINCAILLERIE
Dans une quincaillerie de détail en province des hommes vont choisir des vis et des écrous et leurs cheveux sont gris et leurs cheveux sont roux ou roidis ou rebelles. La large boutique s'emplit d'un air bleuté, dans son odeur de fer de jeunes femmes...
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ABIES CAMPANILE
vulg. genévrier à cloche Dans un profond remords d'être de pierre inerte, Un fin clocher voulut se dépétrifier ... Il pria; et son vœu si haut donna l'alerte A quelque saint du ciel qui put le gratifier. Le lendemain, ce clocher faisait branches, Ses...
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BLANCHE COMME...
Blanche comme un monotrope Rouge comme une lobélie Fabuleuse comme une lune à midi Heure de février— Emily Dickinson Emily Dickinson, 40 poèmes, Liberté, vol. 28, n° 2, 1986, p. 21-50. Traduction française par Charlotte Melançon Tous droits réservés ©...
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LA ROSE
L'argile une rose l'adore disait l'homme blond dans le train qui allait au long des plaines grises mais ne lui donnez pas à la rose surtout de fumier. Ah! le jardinier est bon pour le courage. Quand dehors je mange les fleurs me ravissent toujours la...
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PASSER L'HIVER
J'aurai encore laissé passer l'hiver Sans refaire la charpente mangée aux vers Et ni enfin écrire cette lettre Sur l'amour, sur le vide rongeant l'être J'aurai aimé mal, très, toutes mes femmes Mal entretenu tous mes feux et flammes Je n'aurai pas vu...
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L'ÉCHARPE
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce souvenir de soie Qui se souvient de nous Ce n'est pas qu'il fasse froid Le fond de l'air est doux C'est qu'encore une fois J'ai voulu comme un fou Me souvenir de toi De tes doigts sur mon cou Me souvenir de...
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LES ANCÊTRES
D'aussi loin que je me souvienne Ils étaient faits pour le bonheur Pour une vie trop quotidienne Et pour le pire et le meilleur Je parle d'eux sans les nommer Car vous portez un peu leurs noms Je sais qu'ils étaient pauvres et bons Qu'ils étaient tous...
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VIE
Il naît un enfant dans un grand paysage un demi-siècle après il n’est qu’un soldat mort et c’était là cet homme que l’on vit apparaître et puis poser par terre tout un lourd sac de pommes dont deux ou trois roulèrent bruit parmi ceux d’un monde où l’oiseau...
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ABIES PARADIS II
Le solstice d'hiver avait été clément, Et Noël confirma ce tout petit miracle : Dans le bois résineux, les pigeons au pinacle, Les pervenches en bas, commençaient le printemps. Deux fiancés jouaient au paradis, N'y mettant pas les mains, mais le diable...
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ALIÉNATION
Aliénée Je circule en vain dans un pays où l'on rêve parfois où l'on parle peut-être d'un silence taillé dans l'épaisseur du bruit. Défense de franchir ce château qui m'étreint. Défense même d'y trouver des larmes dans les coins. Angèle Vannier Le sang...

