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DES SAISONS
La vie se brise en quatre Rêverais-je encore à l’hiver Au merle du printemps Puis à la lumière de l’automne Lorsque mes étés Auront les cheveux blancs Christiane Loubier
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CONSTELLATION AU JARDIN
On exalte leur parfum leur couleur On sait leur silence aussi leur cœur Qu’elles ferment avec le pas du soir Mais pour nous que sont les fleurs Ici elles portent vive lumière Nous ne les cueillerons point Pour que le jardin des lampes ne se fane pas Christiane...
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SANS BRUIT
[...] personne ne te connaît si bien que la fleur où tu te penches sans songer que le jardin te regarde [...] Pierre Perrault Chouennes (poèmes 1961-1971) [extrait]
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ET LES MOTS...
Et les mots entre nous Sont des carillons de lumière Tout s'en va tout s'en va Tout s'en vient Le matin nouveau nous accueille Noces du sang Serments tenus Hélène Cadou Le prince des lisières , Rougerie, 2007 Dessin : Hélène Cadou par René Guy Cadou
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CRÉPUSCULE D'OCTOBRE
À l'horizon, pas de « confitures de crimes » : sur un fond de turquoise qui s'exténue jusqu'au gris, un barbouillis d'ocre, de cendre et d'encre mauve que la nuit, bientôt, offusquera. L’œuvre au noir s'accomplit en silence. C. C. http://constantinco...
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HISTOIRE BRÈVE
L’histoire commence par la fin Là où la lumière se répand L’histoire commence par la fin Là où je glisse dans le bruit D’un amour qui s’enfuit là Avec la mer dans ses deux bras Christiane Loubier
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LE RENIEMENT
Il pleut sur avril L’hiver est tout trempe La saison se défile Il pleut des cordes Le coq chante miséricorde Le ciel refuse son pardon Christiane Loubier
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MATRIARCHE
Une mère trop grosse Pour un enfant trop pâle Qui craint tant le ventre Des cavernes - des baleines Un mère trop grosse Pour un gamin inquiet De voir la lune trop belle Devant les bras de la nuit Fuir Maintenir le grain de sable Devant l’océan autour...
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LE TEMPS M'OPPRESSE JE TOMBE...
II Le temps m’oppresse je tombe et je glisse sur les genoux mes mains tâtent la nuit adieu ruisseaux de lumière il ne me reste que l’ombre la lie le sang j’attends le coup de cloche où jetant un cri j’entrerai dans l’ombre Georges Bataille L'archangélique,...
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CE BRAS DÉRIVANT
Sous un ciel très haut Je suis une presqu’île J’ai un bras vers toi L’espérance mène à la mer Tu es toute l’eau de la vague Qui croit monter Christiane Loubier
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QUE JE PARTE
que je parte au pays le plus lointain que je perde l'image la plus proche je ne quitte pas la même fenêtre Silvia Baron Supervielle Autour du vide, Arfuyen, 2008
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ADIEUX
Un feu abandonné tue sa lumière.Un oiseau amoureux pousse son chant.Tant de créatures avides dans mon silenceet cette petite pluie qui m’accompagne. Alejandra Pizarnik Les travaux et les nuits Traduction : Jacques Ancet
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VERROUS
Écriture pour creuser Dans l’épaisseur triste D’une terre jamais apaisée Écriture impossible De l’empêchement De brûler sa croix Nourriture infanticide Ramenée par une cuiller de force Dans la bouche verrouillée D’un être inachevé Christiane Loubier
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LA VIE TE RESSEMBLE...
La vie te ressemble jusqu’à de si petits détails que je n’en dis rien cette ressemblance est la fête de nos instants célèbres entre nous je ne les montre pas trop on n’offre pas des fleurs à un jardin ni de la lumière au soleil Henri Meschonnic Voyageurs...
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LÀ OÙ TOUT COMMENCE
Pourquoi imaginer le bout du monde Plutôt rêver du point où tout commence Où tout nous ramène au centre À la première couvée d’oiseaux Christiane Loubier
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À UN POÈTE QUI VEILLE TROP TARD
Demain tes vers tu les trouveras mensongers. Ton esprit sonne sec, fais-le taire Et laisse le cri d’un hibou te replonger Dans l’humide abîme élémentaire. Lucienne Desnoues Source : Service du livre luxembourgeois, Michel Ducobu, Lucienne Desnoues (D...
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LA CROIX
Fêlure à rouvrir Brûlure à venir Le descendre de la croix Le désir Et partir à la nage En marge des souvenirs Christiane Loubier
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LE GANT
Les bruants de novembre Préfèrent les herbes séchées Debout dans les champs Que les graines données Au bout du gant Christiane Loubier
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TOI AUSSI
Toi qui repoussais toujours l’ombre Toi qui n’acceptais que le soleil À peine l’été fini Je t’ai vu apaiser ta soif Mordre dans les nuages Au-dessus de ta joie vacillante Toi aussi je t’ai vu Embrasser la tristesse d’un novembre Et couler dans la blancheur...
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LABYRINTHE
Philippe Chabaneix Poème reproduit dans Philippe Chabaneix , Poètes d'aujourd'hui, Pierre Seghers
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LES POMMES
Et que faut-il penser De ces pommes jaunes ? Hier, elles étonnaient, d'attendre ainsi, nues Après la chute des feuilles, Aujourd'hui elles charment Tant leurs épaules sont, modestement, soulignées D'un ourlet de neige. Yves Bonnefoy Début et fin de la...
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QU'EST CELA?
Qu'est cela que rien n'apaise ? Être un seul corps en un seul lieu ? Pierre Caminade , Reliefs
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LES ASCLÉPIADES
Ventre décousu des asclépiades Plumes amoureuses s’envolant Pour ensemencer le printemps De nous le vent ne transporte rien Il ne balaie que les débris De nos corps en trop Ou bien nos peurs avouées au paysage Christiane Loubier
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CONVAINCRE LA NUIT
Pour convaincre la nuit Plus besoin de s’en faire Pour l’ombre Plus besoin de la roue Ni du feu Un vermisseau suffit Entre la feuille et l’arbre Un vent suffit Entre toi et l’oiseau Christiane Loubier
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LES CLOCHERS
La vie infligée Toute droite va devant La soif que l'on transporte avec soi Monte haute Blessure filante entre le ciel et les clochers Christiane Loubier

