Top articles
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OCRE ET NOIR
Dans le jardin d’octobre Devenu la tombe des rosiers On entend sonner les heures Aux églises oubliées À force de ramasser feuilles et fleurs On se courbe un peu plus vers la terre À chaque année Le vent sème la terreur Dans les érables fous Encore une...
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CELUI QUI ENTRE PAR HASARD
Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui Que chaque nœud du bois renferme davantage De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt Il suffit qu'une lampe pose son cou de femme À la tombée du...
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LES ROSES FLEURISSENT QUAND TU VAS PARTIR...
Les roses fleurissent quand tu vas partir sur le mur d'en face, après la Pentecôte. Les langues de feu ne sont pas descendues ou peut-être sont-elles remontées au ciel faute d'avoir trouvé où prendre racine dans ta vie compacte. Il faut la remporter avec...
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DANS L’ŒIL DU TEMPS
Je suis un corps flottant Dans l’œil du temps Qu’importe sous quel quotidien Sous quelle latitude Je mourrai de belle solitude Je rends ma voix À la lumière fidèle À la cantate la plus belle J’ai déjà chanté haut Pas très longtemps Il n’y a rien de meilleur...
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LA VEILLÉE FUNÈBRE
On ne fait pas de bruit dans la chambre des morts : on lève la bougie et les voit s'éloigner. J'élève un peu la voix sur le seuil de la porte et je dis quelques mots pour éclairer leur route. Mais ceux qui ont prié même de sous la neige, l'oiseau du petit...
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PAUL DE ROUX
Chaque matin, et quel que soit le temps, Hélios nous prend dans ses bras : "Tout est à voir", dit la lumière qui éclaire la tuile fêlée, la mouche, ce visage émacié, la pariétaire des vieux murs, les pigeons en quête de miettes, et nous cherchant le regard...
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HIVER, BEL HIVER
Hiver, bel hiver, beau berceau,Toute la journée est éteinte,La neige amassée au carreauEst du bleu même des jacinthes,Le temps passé n'a plus d'écho. Dans l'alcôve ce bleu neigeuxTend une écharpe de silence,Et c'est le voile de nos jeux,C'est le bain...
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BORD DE MER
Dans un carnet fermé par un élastiqueRose froissée oubliée après l’étéDans la baie des sables premiersOù sont calées les pierresCoquilles carcasses et squelettesSignées par la vague Un peu de sableDans mes mains au crépusculeS’écoule en vainNe laissant...
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ELLE S'APPROCHE DU MIROIR ROND...
Elle s'approche du miroir rondcomme une bouche d'enfantqui ne sait pas mentir,vêtue d'une robe de chambre bleuequi s'use elle aussi. Cheveux bientôt couleur de cendresous le très lent feu du temps. Le soleil du petit matinfortifie encore son ombre. Philippe...
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CRÉPUSCULE AU BORD
Crépuscule au bord des fenêtres, fleurs fidèles, corolles chaleureuses, puis la nuit avec ses légendes, ses miroirs sous l'obscurité, la nuit refermée sur les gestes humains, la nuit paisible – et la gourmandise du silence lorsqu'un chat, avec sa tiédeur,...
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MATIN DE SEPTEMBRE
Matin de septembre. L'espace a grandi entre les arbres verts qui semblent de profil. Ils regardent tous le soleil en face invisible pour toi depuis la fenêtre. le bouleau se hausse sur la pointe des pieds pour voir la lumière comme au-dessus d'un mur...
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IL SAVAIT...
Il savait teinter d’amour les groseilles Et tomates aux senteurs acidulées. Le violet de ses œillets et pensées, Fleurait un mystérieux parfum secret. La Paix nichait sous le vieux pommier. Il savait appeler merles et mésanges, En lançant des miettes...
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RETOUR
On ne dit pas le retour de l'enfant Ni si Noël neigeait sur la soirée, S'il lui sembla vers l'église éclairée, Entendre un chant doucement triomphant, [...] On ne dit pas le retour de l'enfant; Mais entends doucement quand tu y penses, Dans ton enfance...
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ÉCORCE
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LES MIETTES DU BONHEUR...
X Les miettes du bonheur en gros pain de ménage feraient bien de son propre aveu à la table du fol l'ordinaire du sage mais est-on sage comme on veut? Si je l'étais je saisirais par les cheveux la fortune de vivre ici sans plus de voeux dans mon jardin...
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EN BOIS DE PLANCHES
Après toutes ces lunes Ces matins à la une Soleils qui cuisent Étoiles qui se taisent Après tous ces couchers dans un lit Ces levers dans le bruit Échanges de draps — de nids Repassages de vie Après tant de migrations d’oiseaux De remous sur les eaux...
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LE BRAVE, LE BRAVE AUTOMNE
Quand reviendra l'automne, Cette saison si triste, Je vais m'la passer bonne, Au point de vue artiste. Car le vent, je l' connais, Il est de mes amis ! Depuis que je suis né Il fait que j'en gémis... Et je connais la neige, Autant que ma chair même, Son...
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AVANT LE SOMMEIL
VIII Avant le sommeil Les soeurs de ma mère parlaient si bas Que tout devenait de l'ombre Les visages et les voix Jusqu'à l'horloge dans sa cage Qui n'avait plus de chant Une allumette alors brillait Et l'on pouvait entrevoir Mes tantes agenouillées Dans...
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SAISON PIÈGE
Blanc et bleu Le ciel d’aujourd’hui Déverse son espérance Sur des arbres de première neige Mais je les ai vues ces ombres Derrière les pieux de perche Cette saison se sert de la neige Pour ses pièges à lumière L’hiver passera Ou ne passera pas Sans guérir...
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SUR LE CALVAIRE DE LOUISFERT
Sur le calvaire de Louisfert S'est posé un soliste ailé, — Sa gorge est couleur capucine, Sa voix est infiniment fine, Son oraison est cristalline, — Il gazouille des airs très doux Au fil desquels revient en litanie Le nom du régent René Guy Cadou. Henri...
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LE MOMENT LE PLUS DOUX...
Le moment le plus doux fut l'attente du bus, les tables du petit café étant à l'ombre des arbres du square où la brise de mer se coulait insidieusement et là je bus un café frappé avant de quitter Gythion, qui ne me réserva guère que ce plaisir éphémère...
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LA MALENDURANCE
Où sont nos villages debout Qu’avons-nous fait de nos maisons de pierre Et de nos hivers bout à bout Le silence des statues est pesant de mémoire Sur le chemin d’allégeance Nous avons cousu les lèvres de nos épouvantails Et laissé tomber semences et bétail...
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SIBYLLA SAMBETHA
2 J'aime que les bûcherons allument un grand feu dans la hêtraie quand je mets le mot automne sur ma page et qu'en fourrure la fumée bleue festoie. Haches et ramiers à coups d'aile éparpillent les copeaux : pourpre sur la terre, Rome répandue, et moi...
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RISQUE DE GEL
L’été s’embrume Les étourneaux sont venus Cherchant mangeaille Dans le jardin humide de septembre Sur le chemin qui mène au fleuve Le bleu des asters Mêlé aux fruits rouges de l’églantier Et du sorbier des oiseaux L’été se désallume Les beaux jours abdiquent...
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PAS RIEN...
Pas rien, pas rien, le petit vent de l’aube, Le petit rose du petit matin, Changé en pourpre, en noir, en nuit de taupe. Je suis la taupe et le ciel est lointain. Pas rien, pas rien, les flaques sur la plage, La dune blonde et la blonde clarté, La mer...

