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À QUOI BON...
Mercredi 3 septembre À quoi bon écrire ? La vie est une cage de mots vides. Edward le Hamster Le journal d'Edward, hamster nihiliste 1990-1990 Transcrit du langage Hamster par Miriam Elia et Ezra Elia Traduit de l'anglais par Rose Labourie
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LES OISEAUX QUI RESTENT
Il n’y a pas neige sans oiseaux Les arbres ne perdent jamais leurs plumes Ne tirez pas sur les oiseaux de décembre Qui avancent jusqu’au front dans l’hiver Le blanc du renouveau Christiane Loubier
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LAMBEAUX
Après avoir laissé tomber tous leurs oripeaux Nos corps prendront-ils les couleurs de l’automne Avant de se froisser dans l’éternité grège Christiane Loubier
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CIEL DE CHANDELEUR
Dans la nuit de neige Sous un ciel de Chandeleur Les ombres tombées Tournent au bleu Dans la chambre fermée En sa lueur de chandelle Elle attend une lumière Qui fera rouvrir Son étui de coléoptère Dans les fleurs des rideaux Filtrent les feux De la Grande...
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LA NUIT FERME SI MAL...
La nuit ferme si mal en juin qu'il nous suffirait de nous taire pour que l'arbre de nos mains se remplisse d'étoiles Guy Goffette Le poids de la terre, dans Solo d'ombres
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MONDES ERRANTS SONT LES PAROLES...
Monde errant sont les paroles, forêt en marche sous le vent oblique avec dispersion d'oiseaux. En elles, le temps se dépose comme une encre invisible. La nuit descend dans ta voix, tend le cou vers l'aurore au-dessus des décombres. Lionel Ray Comme un...
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TEMPS SEC
Il te brûle le désert L’éclat de la solitude Si dur si sec À quoi ça sert le désert C’est là où retombe Toute la poussière du monde Christiane Loubier
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LES BLÉS...
Les blés avaient gardé La mémoire du vent Quand la moissonneuse Les empoigna. Eugène Guillevic Timbres , Écrits des Forges
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QUAND JE N'ÉTAIS PAS MORT
Quand je n'étais pas mort j'allais de bon matin balayer les ravines de l'ombre maintenant poussière de poussière je prends soin de mes ombres Jacques Brault Poèmes, Moments Fragiles Éditions du Noroît
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À UNE MARIÉE
Le ciel, les haies et le soir furent-ils mis dans ton écrin ou bien n'y-a-t-il plus rien qu'un voile blanc sous un ciel noir? Jean Follain Usage du temps, 1943
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MATIN DE LESSIVE
Une femme étend son linge Elle connaît l’odeur des draps Que le vent déplie Au-dessus d’un lit d’herbe Et de fleurs de lin Elle songe à un bouquet de romarin À l’heure où les bruants Enfantent dans le foin Christiane Loubier
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LA BEAUTÉ ...
La beauté naît du dialogue, de la rupture du silence et du regain de ce silence. René Char Fureur et mystère, Le bulletin des baux (1948)
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L'ARAIGNÉE
Je monte à la rencontre du soir Une araignée descend l'escalier La nuit n'appartient à personne Pas même aux douze heures Qui sonnent Un pendule battant Entre deux certitudes Entre deux solitudes Je rêve de la clarté qui fut De celle qui sera Et ce songe...
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SUIS-JE CONDAMNÉE.....
Suis-je condamnée, ma vie durant, à redire le creux, le trou, l’absence, alors même que le pain cuit dans la cuisine proche, que le linge sèche dans la prairie ? Françoise Ascal Un bleu d'octobre (extrait)
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1940
Quand on enterre un monde, Le cantique des morts ne résonne pas Place à l'ortie et au chardon Place aux hardis fossoyeurs. L'ouvrage n'attend pas. Il y a tant de silence, Seigneur, Qu'on entend passer le temps [...] Anna Akhmatova Anna Akhmatova par Jeanne...
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COMMENT AS-TU PU CROIRE...
Comment as-tu pu croire Que le monde se passerait de toi Hissez tout en haut du mât Ma peine comme un étendard Pour ceux qui se noient Anne Perrier Lettres perdues (1968-1970) à Christovam Pavia au poète et à l'ami mort à Lisbonne le 13 octobre 1968
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LE FROID AVANCE
Peu importe qu’il soit Cinq heures du soir ou du matin Ombre après ombre Le froid avance Un froid d’argent Comme la coulée grise Dans les cheveux des femmes Éperdues dans le sous-bois De leur automne Christiane Loubier
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MAIS, SACHEZ QUE LA POÉSIE...
Mais, sachez que la poésie se trouve partout où n'est pas le sourire, stupidement railleur, de l'homme à la figure de canard. Lautréamont
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OISEAUX QUI CONFIEZ...
Oiseaux qui confiez votre gracilité, votre sommeil périlleux à un ramas de roseaux, le froid venu, comme nous vous ressemblons! René Char, La nuit talismanique
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LE POIDS DU SILENCE
Quel sera le poids du silence si tu te tais ? ou d’un printemps si froid encore et clair déjà dont les haies n’ont pas su fleurir ? Le vent se rue sur la forêt, Un vol de canards s’expatrie et des nuées dans le ciel se hâtent car chacun a son centre ailleurs....
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L'ÉCHO
L’écho d’un long hiver Flocons de la mémoire La parole comme la neige Jamais si belle Que lorsqu’elle s’envole Christiane Loubier
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RETOUCHE AU COUCHANT
L'attente aux lèvres closes lève un doigt désirs descendant les collines cornes et laine ô brume des troupeaux d'où sort un pin nocturne Daniel Boulanger , Intailles, Poésie/Gallimard, 1991
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LE COEUR VOILIER
Le cœur qui se lève Dans la présence dure D’un corps divisé Comme un rocher Au milieu du fleuve Traversé par la clarté double De la vague qui se cherche Sur la rive déchirée Dans son sable essentiel Christiane Loubier
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L’ARBRE À PLUIE
Comme une peine immense Roulée dans un poing L'arbre à pluie Au-dessus des fleurs Peut-être le goût du vent sur ma bouche À la lisière où l'ombre se tait Christiane Loubier
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CE QU'IL Y A À DIRE...
Ce qu’il y a à dire du printemps le printemps le dit. François Jacqmin , Les saisons.

