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À MOI-MÊME DANS L'ÂGE
à moi-même dans l'âge Solitude, Habitons ensemble. Henri Pichette, Poèmes offerts
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IMAGE DE L'OISEAU
Si l'oiseau tombe il vole encore sa chute est toujours envol si l'homme tombe il vit encore par sa chute et son vertige son effondrement est encore un oiseau. G. Dion
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ET COMME AU FOND DU LAC OBSCUR...
Et comme au fond du lac obscur la pauvre pierre Des mains d'un bel enfant cruel jadis tombée : Ainsi repose au plus triste du cœur, Dans le limon dormant du souvenir, le lourd amour. Oscar Vladislas de Lubicz Milosz (1877-1939) Symphonie de septembre...
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LES CORDES DE L'OMBRE
Il existe d’autres cheminsQue celui de la nuit Du bout des lèvresTu les boudes les ombresAu fil de l’épée du jourLe vent tournera c’est certainLe ciel sera de soie pourpreAussi doux que celui du mois d’août Christiane Loubier
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ÉCRIRE...
Écrire, c'est flotter dans le vide Rosa Montero La folle du logis
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QUEL TEMPS FAIT-IL?
L’oiseau qui s’embellit Solide entre les nuages L’automne Sous les plumes Un peu de peine En gouttes de temps Contre la vitre Feuilles mortes Mots au vent Retombant en givre paisible Réveillés par la lampe Les soirs d’hiver Christiane Loubier
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SAISON EN-ALLÉE
La neige devenue noireFûme en jetant son brouillardSur l’arrogance des primevères Sur la montagnePlus près des étoilesC‘est encore l’hiver Un grand cervidéLève les yeuxVers le printemps qui niaise Christiane Loubier
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Q'ON ME CONDUISE À PÂQUES...
Qu'on me conduise à Pâques!... Je veux revoir les volées de sarcelles Chavirer sur les paquets de vent! Robert Marteau Royaumes, Une bergère fait le printemps (extrait)
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POÈME PRIVÉ
Faut-il partir Pour quêter la tache pure Moi je reste ici Pour devenir comme ces plantes d’ombre Qui se font silence Et par amour de la solitude Ne verront jamais le soleil Christiane Loubier
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LE 24 JUIN
Pour la Saint-Jean Donnez-nous du bois La nuit offrira le feu Aussi un amoureux Dans le parfum des ans Brûleront les chagrins Brume de thym Fumée de buis et de romarin Christiane Loubier
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CALENDRIER EN FLEURS
Si les jours les heures Et les années étaient fleurs La vie serait couleurs et silence Mais ni les fleurs ni le silence Ne sont la mesure du monde Christiane Loubier
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LA VÉRITÉ VOUS RENDRA LIBRES
Tu es lampe, tu es nuit: Cette lucarne est pour ton regard, Cette planche pour ta fatigue, Ce peu d'eau pour ta soif. Les murs entiers sont à celui que ta clarté met au monde, Ô détenue, ô Mariée! René Char Les matinaux
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REFLET
Une mer bouge autour du monde L'arbre et son ombre en sont venus Ravir à des doigts inconnus La faux qui luit dans l'eau profonde Joë Bousquet La connaissance du soir
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DANS UN LIT
Elle est née d’une lumière orpheline Son cœur a pris froid Dans la poussière des jours Chaque heure accroît d’un ton son silence Ses bras se ferment dans la fatigue de juin Sur un printemps comme tant d’autres Christiane Loubier
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ICI...
Ici on moissonne rarement, l'île a quatre saisons d'automne, quatre saisons d'amours solitaires. Gérard Le Gouic Poème de l'île et du sel
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SUR LE DOS DES OMBRES
Il fait beau Tu as planté la hache Dans le dos des ombres C'est la saison des bruyères Qu’un chant me rappelle Et les heures Surtout le vent Qui ignore où s’en va l’été Sous le poids des nuits Christiane Loubier
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TIGE
Verte mais sans mémoire La fleur pour oreiller Elle rêve au couchant de jardins suspendus Edmond Jabès Le lien et les heures II
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L'INCENDIÉE
Tant de fois debout Dans sa chair d'incendiéeAutant de fois rebâtieDevant les murs – les lampes noircis Autant de foisSon chat retrouvéLa fumée reconduite à ses nuagesLe feu retourné à sa forgeLe coeur à sa greffeL'oiseau à son horloge – Le bois brûlé...
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BLANCHEUR
L’amour n’a pas toujours La couleur du feu Elle porte à merveille Le blanc d’un hiver frileux Mais la neige se fatigue D’être à la hauteur des maisons Le bonheur est une blancheur Qui ne reste pas Qui ne résiste pas À tant de vérité venue du froid Christiane...
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PRÉTENTION
La neige qui insiste pour tomber A besoin du froid pour rester Et de la noirceur des jours Pour prétendre à quelque réalité blanche Christiane Loubier
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CHAQUE AUBE...
Chaque aube est une promesse d'éternité Chaque couchant sa flamboyante annulation Anise Koltz Chants de refus
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QUINZE MINUTES D'AUTOBUS...
Quinze minutes d’autobus suffisent pour compter ce matin par les larges fenêtres les arches des rayons portant de l’un à l’autre le ciel de septembre. Cécile A. Holdban Une robe couleur de jour
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LES FOINS SONT FAITS...
Les foins sont faits. Vide, le pré est devenu un sentier inextricable. Je renonce à résoudre une énigme qui vient à la faveur de l'herbe fauchée. François Jacqmin Les saisons, Labor, 1988
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UNE FOIS...
Une fois n'est pas coutume sauf pour la mort [...] Georges Schehadé Poésies V (I), 1972
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AU CIEL DES ROUTES
Comment reviendras-tu de ta course dans les nuages Tu ne pourras pas supporter comme eux Tout le poids du ciel Les taxis sont éternels Disais-tu Christiane Loubier

