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LE TRÈS HAUT
Admirez cet amour si beau Si droit – bien haut Il lui manque un ciel Et une couvée d'oiseaux Christiane Loubier
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LA FEINTE
L’oiseau à collier Feint la douleur Pour sauver son nid La vie entre l’aile et la blessure Christiane Loubier
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QUI
Qui a fait s'enfuir L'odeur des prunes Qui faisait frémir Tes lèvres une à une Qui a fait s'endormir Le goût des noyaux Il nous rendait si beaux Ah les anciens jours Quelle joie nous avions Au temps des tambours Et des pigeons Christiane Loubier
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LES NOYÉS
Ennuyés par la tristesse des épaves Peut-être que les noyés remontent le courant Pour venir pousser les vivants Au sec sur des îles Peut-être que l’océan N’est que du temps liquide Les vivants De l’eau prisonnière dans des villes Christiane Loubier
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LES OMBRES ENFILÉES
Ni le couteau qui brille Ni le silence qui brûle Aucun espoir inventé Aucune main Pour briser le collier Des ombres enfilées Un jour On invente la roue Le vent doux Et dans les mêmes bras L’oiseau est transparent d’éternité Christiane Loubier
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IL EXISTE...
Il existe une sorte d'homme toujours en avance sur ses excréments. René Char Feuillets d'Hypnos
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SOUS SERMENT
Ma résistance se tait Bloc de silence devant la mort Ma parole contre la sienne Je ne signerai rien Christiane Loubier
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LA HACHE
Dans ce bois debout Sous les grands cyprès Tu étais l’alphabet J’étais la hache Le silence affuté Pour transformer la blessure En quelque chose qui dure Dépouillement du cœur jamais atteint Les mots en trop ne prouvent rien La souffrance qui en découle...
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AVEC OU SANS SILENCE
Le temps ne passe plus La nuit ne guérit plus de la noirceur La vie se plie par les deux bouts Maintenant j’ai le cœur à l’écart Je suis celle qui se tient sur ses gardes Celle qui ne prend plus part Avec ou sans silence La vie n’est pas plus étanche...
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SUR LES ÉPAULES
Il a beaucoup plu dans nos vies J’ai longtemps joué sous la galerie Beaucoup lu dans les penderies La peur commence dans les genoux Mourir est un pays sur les épaules Vivre est une brèche Dans la douleur du monde Une parole chauve Accrochée tête en bas...
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FENÊTRES FRAGILES
Éloignez-vous de ma fenêtre Ne secouez plus la poussière Que je fus pour vous Pas l’angoisse de plomb Pas la douleur dans chaque heure Juste la souffrance familière Comme un long cil sous les paupières Ne me parlez pas Pas un mot Pas besoin L’oiseau seul...
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BIENTÔT
La beauté est maintenant au-dessus des nids Cheveux ensoleillés sous la laine Les espoirs d'été sont à jaunir sous la pluie Bientôt les étoiles En cristaux sur tes épaules Bientôt la neige Plus fondante que ta souffrance Christiane Loubier
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VEILLE
Que le jour garde ses mensonges Ses mots de passe violents Et ses petites morts pour rire La nuit me donne à vivre […] Edmond Dune, Rencontres du veilleur , 1959 (extrait)
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PLUS LE TEMPS SE FAIT SOMBRE
Plus le temps se fait sombre Et la route aride Plus je remplis Mon fichu d'étoiles Anne Perrier La voie nomade
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ENTRE DEUX NUITS
Entre deux nuits Le temps qui résonne Des mots pour personne Les oiseaux et leur science L’eau et son silence Entre deux nuits Entre deux lignes de ma vie Christiane Loubier
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SOMMEIL D'AUTOMNE
L’indifférence d’octobre Braisier de douleur sèche Il ne faut pas s’endormir Au milieu de l’automne Je suis déjà couchée Sur le chemin de thym L’épée de ton silence Affole les ombres pour rien Christiane Loubier
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DÉJÀ SEPTEMBRE...
Déjà septembre. Les jours diminuent et nous avons l'impression que quelque chose en nous grandit. Nous ne croyons pas que la possibilité de connaître le poids des choses soit liée à la mesure des jours. Jean Rivière Le vent en Bas-Poitou
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SANS DOUCEUR NI PATIENCE
Le soir se noie Dans le chenal mal déroché Passe pour les ombres Surgies à mi-voix D’un ciel vide si peu patient Entre le gris et la ténèbre Jusqu’à la nuit sans nuance Sur nos songes Christiane Loubier Poème publié dans Bordures du champ secret
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LA VÉRITÉ DITE À LA FEMME AIMÉE
La vérité n'est jamais nue, elle porte une robe de ronces Le vent dans son dos ne fait battre aucune aile, sa langue est un crochet ses yeux de clairs charniers C'est l'ombre d'une porte et la poussière s'en va recomposer le monde Pierre Peuchmaurd Parfaits...
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POURQUOI L'OMBRE
L’ombre est une saison Comme une autre C’est une soif de crépuscule En dehors du cercle Et quand même Il y aurait la neige Ne maudis pas l’ombre Elle te met à l’abri de la brûlure Christiane Loubier
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À QUI DIRA-T-IL
À qui dira-t-il Comme il aime le lierre Qu'il en cherche au bois Une grande épaisseur Pour hiverner. Guillevic , Terraqué
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MATIN DE NEIGE À MONTRÉAL
Certains poèmes n’ont pas de titre ce titre n’a pas de poème tout est là dehors Kenneth White, Terre de diamant, Grasset
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L'ÉNIGME
Le vide que laisse novembre La vie invisible se glisse Entre la pensée et le printemps L’hiver témoigne de l’énigme Christiane Loubier
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AU PIED DE LA CROIX...
Les Saintes Femmes Au pied de la croix Quand l'ombre éclaire les étoiles du ciel Femmes angéliques et noires Percez votre coeur de votre doigt Georges Schehadé Poésies VI, Le nageur d'un seul amour
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MATINÉE...
Matinée funèbre et chantante. Un poème se meurt en moi. E. M. Cioran Cahiers

